Lettre ouverte au Président de la Métropole Rouen Normandie

Notre maison brûle et l’opinion publique ne cache plus son inquiétude face aux conséquences du changement climatique. La vidéo de la mort d’ours polaire qui agonise par manque de nourriture a suscité une large indignation alors que les incendies en Californie effraient, chacun reconnaissant que ce qui survient là-bas pourra un jour arriver ici. C’est en tout cas l’avertissement que nous livrent quinze mille experts climatiques. Tous les signaux sont au rouge et il urgent d’agir…

Agir de manière responsable

Pourtant certains signaux laissent penser que tous ne prennent pas la mesure de cette situation d’urgence. En cette fin d’année 2017, nous sommes ici confrontés à des signaux paradoxaux. Si la Métropole Rouen Normandie engage une démarche intéressante pour accompagner et mettre en œuvre le Plan Climat-Air-Energie territorial dans le même temps elle accompagne la construction de deux nouvelles autoroutes en d’augmentant de 20% sa participation financière. En effet la contribution du territoire passerait de 55 M€ à 66 M€ si l’Etat décidait de poursuivre le projet A133-A134 déclaré d’utilité publique le 14 novembre 2017.

Effet de Serre regrette et déplore vigoureusement cette décision, qui relève d’un autre siècle. Réaliser de nouvelles infrastructures routières à l’Est de l’agglomération est surréaliste au regard des impacts et nuisances sur l’air, l’eau, la biodiversité et le cadre de vie que cela va générer. La Métropole Rouen Normandie n’a que faire d’un grand contournement qui ne répond pas aux besoins du plus grand nombre et qui vient doubler celle qui existe quasiment à l’Ouest.

D’autres choix sont possibles : une authentique piétonisation de l’hypercentre comme l’a recommandé Mme Lavadinho, une finalisation audacieuse du projet T4 sur les boulevards de Rouen, des premiers actes en faveur de la réalisation d’un T5 et d’un T6 sur les plateaux Est, un authentique plan cyclable….

Pour une cohérence des politiques publiques

Nous déplorons que ces alternatives n’aient pas été priorisées. Effet de serre toi-même attendait plus de cohérence de la part de la Métropole…

Pour autant nous continuerons à œuvrer à la transition écologique de ce territoire au potentiel immense. Nous le ferons avec notre esprit de liberté, notre radicalité institutionnelle à promouvoir notre vision de société, seule viable pour protéger nos concitoyens face à l’immensité de la problématique du changement climatique au 21 siècle !

Nous avons opté, dans nos vies quotidiennes et citoyennes pour la cohérence car nous craignons que trop de contradictions ne troublent, encore plus, les repères de valeurs de nos concitoyens entraînant un désespoir démocratique qui ne cesse de s’approfondir par manque de sens de l’action publique.

C’est pourquoi nous luttons pour des mobilités durables en nous efforçant de limiter les impacts de nos déplacements, nous agissons pour une agriculture péri-urbaine de qualité et nous consommons en chaîne courte, nous promouvons la transition énergétique et nous consommons éthiquement notre électricité….

Bref, la cohérence entre pensées et actes est centrale et nous aimons nous inspirer de ce grand homme que fut le Mahatma Gandhi : « Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde. »

Favoriser les alternatives pour une transition à la mesure des enjeux

Fidèles à notre engagement nous allons participer à cette COP 21 rouennaise tout en restant en lutte sur contre l’A133/A134, et nous porterons la vision habituelle de notre territoire au service de toutes et tous, au nom de la planète et des générations futures. Mais nouveauté, nous défendrons également une utilisation alternative de ces 500 millions d’euros que les puissances publiques s’apprêtent à gâcher dans un projet, dont seules la vanité et l’alimentation en fonds propres d’un grand groupe de BTP, peuvent expliquer l’erreur historique qui se profile.

C’est ainsi que nous proposons de lancer un véritable plan d’innovation en matière de mobilité durable qui pourrait s’articuler sur la répartition suivante :

- 60 millions d’euros pour un plan vélo
- 35 millions d’euros pour des parkings de délestage.
- 180 millions d’euros en nouvelles infrastructures de TC
- 6 millions d’euros pour une centrale de mobilité
- 8,5 millions d’euros pour aider à la mise en place de plans de déplacement d’entreprise
- 1 million d’euros pour un système d’auto partage.
- 100 millions d’euros pour la tête nord de Flaubert
- 30 millions d’euros pour un système de transport fluvial de personnes et marchandises
- 15 millions d’euros pour un centre de distribution urbaine

Soit un total de 435 millions d’euros et un bénéfice de près de 70 millions d’euros ! A l’heure où toutes les collectivités cherchent à réaliser des économies vous conviendrez que cette proposition mérite d’être étudiée.

Somme toute, nous sommes et resterons des acteurs citoyens libres et déterminés pour effectuer un travail de conviction à l’occasion de la #COP21rouen pour défendre projets et alternatives notamment en demandant que 10% de la consommation d’énergie électrique de la métropole soit fournie par l’entreprise Enercoop.

Nous nous tenons à votre disposition, ou à celle de vos services pour approfondir ces positions et propositions concrètes. Dans l’attente de ces temps d’échanges qui ne pourront s’avérer que fructueux, nous vous adressons nos salutations les plus républicaines